Dans les années soixante on se rend compte aussi des contacts que l’artiste put avoir avec le mouvement Fluxus (dont le chef de file était MACIUNAS). Ce mouvement avait pour fin une fusion des arts ; il s’agissait d’une fondation pour l’art total. Ces différents arts mélangés laissaient place à une série de « happenings ». Parallèlement, Spoerri passait de ses tableaux pièges à d’autres formes d’expression comme les collections et les trompes l’œil.
Notons qu’entre 1964 et 1965 il séjourne plusieurs fois à New-York où il établira des liens avec des représentants du Pop Art comme Roy Lichtenstein. Ce n’est que suite à cela qu’il décide de s’isoler sur une île Grecque pendant un an. Cette expérience augmentera considérablement son intérêt pour l’ethnographie et pour la cuisine. C’est de là que naissent les « 25 objets de la Magie à la noix ».
De retour en France, il ne voulait pas renouer avec la notion de quotidien, comme si rien ne s’était passé. Il décide donc d’ouvrir un restaurant où il y aurait un itinéraire gastronomique, un réel intérêt pour la cuisine, et où il est bon de considérer la cuisine comme une des premières expressions culturale de l’Homme.
En 1968, il ouvre à Dùsseldorf le « Restaurant Spoerri », auquel il attache le Eat Art, en expérimentant de nouveau ses premières expériences de Gallerie J de Paris.
En 1970, il réalise ses premières sculptures en bronze toujours en travaillant avec l’assemblage d’objets réels. Ces objets quotidiens sont pris au piège dans le bronze où les formes prennent un aspect absolu, immutable.
En 1973, il se déplace dans le Loiret où il y restera pendant 10 ans. Ici commence sa collection des 117 eaux des fontaines de l’Angleterre, qui constitueront cinq ans plus tard, la « Pharmacie Bretonne ». Cette collection est une enquête sociologique sur la persistance des antiques croyances, c’est encore un témoignage de sa passion pour le collectionnisme et l’ethnographie.
En 1978, il est chargé de cours à l’université de Cologne. Ce sont des années pendant lesquelles l’artiste travaille intensément avec ses étudiants au développement d’un concept de « Musée sentimentale ».
Il présente donc en 1979 l’exposition « Le Musée sentimentale de Cologne », une exposition qui se voudra historico-culturelle en transgressant les catégories stylistiques et les disciplines académiques, en assemblant objets et pièces de l’histoire citadine qui apportent une forte charge émotive, sentimentale.
En 1984, il reprend sa vie errante toute en enseignant dans différentes écoles (Cologne, Munich, Vienne, Naples…). En même temps, l’artiste commence à introduire dans ses tableaux des masques africains et autres divers objets de culte.
Il développe donc sa série des « Détrompes l’œil » dans lesquels SPOERRI en se rapportant à la tradition des surréalistes, transforme le sens des produits de l’art populaire ou du Kitsch de masse avec l’application d’objets étrangers, ce qui aura pour but de créer de nouvelles chaînes de sentiments envers ces objets.
En 1990, le Centre Pompidou lui dédie une importante rétrospective qui fera le tour de l’Europe.
En 1993, SPOERRI reçoit le Grand Prix National de Sculpture de la république de France. La même année, il travaille à la décoration de la salle du roi dans le Château d’Oiron.
SPOERRI consolide ainsi sa réputation internationale, en témoignent les nombreuses acquisitions d’œuvres par des musées importants.
Il est aujourd’hui impossible de quantifier, de compter l’activité expositive de l’artiste tant elle est importante. SPOERRI est aujourd’hui toujours en vie et continue de capturer le réel, la culture et l’histoire.