SPOERRI adopte pour ses assemblages une pratique pleinement originale baptisée « dé-trompe l’œil ». A la différence du trompe l’œil (architectures et jardins peints sur un mur avec une telle habilité qu’ils semblent en profondeur et réels), l’objet en concret, superposé à une toile ou à une photographie, dénonce ici la profondeur illusoire de l’image ainsi que sa trompeuse consistance. L’artiste veut s’agripper à quelque chose de certain parce que visible, d’assuré parce que concret et objectif.
Le désillusionnement vient de ce sentiment de dépaysement face à la présence en saillie de l’objet sur une surface illusionniste, quand le regard se bloque devant un robinet de douche appliqué sur un tableau anonyme représentant un torrent alpin dans l’œuvre « La douche » : le robinet s’avance comme une présence permanente et incontournable, réactive l’évidence simple et absolue de l’objet réel en tant que tel.